Le musée juif

Overview

Type: 
Les musées
Latitude: 
40.635149
Longitude: 
22.939827

Le musée juif de Thessalonique a été construit afin d’honorer l’héritage culturel de la civilisation sépharade riche et créatif, qui s’est développée dans la ville à partir du XVème siècle. Après leur violente expulsion d’Espagne dirigée par le roi Ferdinand et la reine Isabelle en 1492, nombreux juifs se sont refugiés dans la ville de Thessalonique, apportant avec eux leurs connaissances sur la civilisation de la Renaissance et des langues de la Méditerranée occidentale. Des spécialités, comme la typographie, la cartographie, la médecine ainsi que la connaissance des armes ont suscité un intérêt particulier chez les ottomans pour les juifs de la péninsule ibérique. Des enseignements et des commentaires rabbiniques accompagnaient les immigrants et parmi ceux-ci des ouvrages cabalistiques basés sur la tradition des juifs mystiques de Gérone.
Très rapidement et plus particulièrement au XVIème siècle, la créativité sépharade à Thessalonique a connu son apogée. La ville a fourni un climat de tolérance et de stabilité économique et ce n’était pas par hasard que le nom de « Madre de Israël», la mère d’Israël a été donné à la ville de Thessalonique.
L’impulsion créative des premiers immigrants sépharades avait comme résultat l’établissement progressif de trente-deux communautés. Chacune avait sa propre synagogue, sa tradition et ses coutumes, lesquelles avaient gardé leur appellation d’origine d’Espagne, du Portugal et d’Italie. Dans les facultés qui étaient reliées à ces synagogues, les rabbins et les mystiques enseignaient la tradition du judaïsme de la péninsule Ibérique. Durant les siècles, le petit cimetière juif a été agrandi pour abriter le grand nombre de morts. En 1940, il y avait plus de 500.000 tombes.
Pendant le XIXème siècle et au début du XXème siècle, les conditions qui ont attribué à l’apogée de la communauté juive ont basculé à cause de guerres et de conflits mais aussi à cause des opportunités offertes en Europe, en Asie ou en Amérique, aux juifs qui étaient innovants et ingénieux. Pendant la même période, en 1912, un nouveau défi s’est présenté après le rattachement de Thessalonique à l’État grec, traduit par un effort d’adaptation du mode de vie juif aux demandes du nationalisme moderne. En 1917, le grand incendie a détruit la plus grande partie du quartier juif de la ville et a eu comme conséquence d’aggraver les conditions de vie.
En 1941, Thessalonique, sous l’occupation nazie, avec une communauté de 49.000 juifs, n’était pas prête à affronter l’horreur de la « solution finale». A la fin de 1944, il ne restait que quelques juifs. Le 96,5% de la communauté juive de la ville a été décimée dans les camps d’extermination, en Pologne.
Le musée est abrité dans un des rares bâtiments de propriété juive sauvés de l’incendie de 1917. Ce bâtiment impressionnant au centre de Thessalonique, qui abritait tour à tour la banque d’Athènes et les bureaux du journal juif « L’Independent», est un témoin silencieux de la présence juive, qui emplissait les rues de la ville de la langue de Cervantès, des senteurs de la cuisine de Séville et de Toledo, et restant muet du vendredi au samedi, pendant le Sabbat.
Le musée juif de Thessalonique est né de ces circonstances historiques. C’est une initiative assez créative de la part de la communauté juive de Thessalonique, qui a été développée en 1997, grâce à l’assistance de l’Organisme -Capitale européenne de la culture - « Thessalonique 1997», qui a restauré le bâtiment.
Le musée héberge des objets provenant des expositions temporaires, des expositions de photos, mais aussi l’exposition photographique de Saimon Marks, intitulé « Thessalonique, la métropole du Sépharadisme».
Il y a aussi un centre de recherche et de documentation, qui numérise le matériel du musée mais aussi d’autres organismes, créant ainsi une base de données, accessible aux visiteurs.
Au rez-de-chaussée, il y a des tombeaux et des stèles funéraires de la nécropole juive, qui s’étendait à l’est des remparts de la ville. Les photos qui accompagnent les tombeaux montrent le cimetière et ses visiteurs aux alentours de 1914.
Au premier étage est retracée l’histoire de la présence juive de Thessalonique, de IIIème siècle jusque à la seconde guerre mondiale. Cette exposition a été planifiée dans les «kibboutz» (communautés juives) Beth Lohamei Ha-Gettaoth, à Israël, et elle a été financée par la fondation « Michael Marks Charitable Trust».
Les expositions du premier étage fournissent aux visiteurs l’image de la vie quotidienne et religieuse des juifs de la ville.
Une exposition particulière se réfère au génocide et comment celui-ci a pesé sur l’ensemble de la communauté juive de Thessalonique. Environ 49.000 membres de cette communauté historique ont été déportés aux camps d’Auschwitz et de Bergen- Belsen, où ils ont été exterminés.
La bibliothèque possède des ouvrages importants, qui ont été imprimés à Thessalonique pendant le XVIème siècle jusque au XXème siècle et donnent des informations sur la vie religieuse et mondaine des juifs. Elle fait aussi office de lieu où sont gardés des archives sur l’histoire, les coutumes et la langue des juifs sépharades. Le centre audio-visuel permet aux visiteurs de visionner des vidéos et des films sur l’histoire juive et en particulier l’holocauste. Le musée propose aussi des activités ludo-éducatives organisées.